Fiscalité

Franchise en base de TVA pour un atelier de réparation : ce qui change vraiment

30 octobre 2026 · 6 min de lecture

Quand on monte un atelier de réparation en entreprise individuelle ou en micro-entreprise, la franchise en base de TVA revient dans toutes les discussions — souvent avec des informations contradictoires, parce que le sujet a été au cœur d'une réforme avortée courant 2025. Voici où en est réellement la situation, et surtout ce que ça change concrètement sur vos devis et vos factures.

Le principe, en une phrase

En franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA à vos clients, et vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats (pièces, outillage). C'est le régime par défaut tant que votre chiffre d'affaires reste sous un certain seuil — au-delà, vous basculez au régime réel et devenez redevable de la TVA.

Les seuils en vigueur pour 2026

Pour une activité de prestations de services (ce qu'est la réparation, y compris quand elle inclut la fourniture de pièces détachées dans le cadre d'une intervention), deux seuils s'appliquent :

Une réforme avait proposé d'unifier tous les seuils d'activité (vente et services) à 25 000 €, ce qui aurait fait basculer beaucoup plus tôt de nombreux ateliers vers la TVA. Ce projet a été suspendu puis supprimé par une loi du 3 novembre 2025 : les seuils différenciés ci-dessus restent donc ceux applicables en 2026.

Les seuils fiscaux évoluent au gré des lois de finances successives. Avant de prendre une décision, vérifiez toujours le montant en vigueur sur entreprendre.service-public.fr ou avec votre expert-comptable — cet article ne remplace pas un conseil personnalisé.

Ce que ça change sur vos devis et factures

C'est souvent là que les choses se compliquent, parce qu'un document mal rédigé peut être source de litige avec un client, voire de redressement :

Le piège le plus fréquent : la caisse qui ne suit pas

Beaucoup d'ateliers configurent correctement leurs factures mais oublient que leur module de vente comptoir (caisse) applique encore une TVA par défaut — souvent 20 %, parce que c'est la valeur pré-remplie dans la plupart des logiciels génériques. Résultat : une facture de réparation sans TVA, et une vente d'accessoire au comptoir avec 20 % de TVA appliquée par erreur sur la même journée, dans le même atelier. Ce n'est pas un détail : c'est exactement le genre d'incohérence qu'un contrôle fiscal repère en quelques minutes.

Et si vous dépassez le seuil en cours d'année ?

Rien d'automatique à faire disparaître : vous continuez à facturer normalement jusqu'au jour du dépassement (seuil majoré) ou jusqu'au 31 décembre (seuil de base), puis vous basculez vos documents pour faire apparaître la TVA à partir de cette date. Un bon réflexe est de suivre votre chiffre d'affaires cumulé à l'année en continu, plutôt que de le découvrir a posteriori en fin d'exercice.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. GestAtPhone n'est pas un cabinet d'expertise comptable ; pour une situation précise, rapprochez-vous d'un expert-comptable ou de votre centre des impôts.

Le taux de TVA suivi automatiquement, partout dans le logiciel

Devis, factures et caisse appliquent le régime renseigné dans vos paramètres — sans réglage à refaire vente par vente.

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